Philosophie de la Méthode Taguchi

 

Examinons d’abord la différence fondamentale entre l’approche classique d’un problème et la méthode Taguchi.

Approche classique :

Quand on constate une dispersion ou une instabilité des caractéristiques d’un produit lors de sa fabrication ou de son utilisation, on en recherche les causes afin de les réduire, voire les éliminer.

Or ces causes sont généralement multiples et difficilement maîtrisables :

– variabilité des conditions d’environnement (température, hygrométrie, poussières,…),

– variabilité des caractéristiques des matières premières et des composants utilisés,

– façons de procéder différentes selon les opérateurs, etc….

Les moyens généralement utilisés pour les combattre coûtent parfois très cher :

– resserrement des tolérances des matières utilisées,

– surdimensionnement des composants,

– dispositifs plus ou moins sophistiqués de climatisation des ateliers de fabrication,

– règles d’utilisation ou de fonctionnement des produits trop contraignantes, etc.

Méthode Taguchi

La stratégie adoptée par Genichi Taguchi est diamétralement opposée :
au lieu de chercher à éliminer ces facteurs parasites (appelés facteurs bruits), la démarche consiste à minimiser leur impact.

Concrètement, elle consiste à identifier les combinaisons de paramètres qui réduisent les effets des causes, sans s’attaquer directement à celles-ci.

Les paramètres relatifs au produit ou à son processus de fabrication, sur lesquels on peut facilement agir, sont dénommés facteurs contrôlés tels que :

– la pression dans un processus d’injection,

– le type de lubrifiant utilisé,

– la température de coulée d’un métal,

– la profondeur de coupe d’un outil,

– la vitesse d’agitation d’une solution liquide,

– la valeur d’une résistance dans un circuit électrique, etc….).

La démarche à adopter devient clairement précise : il faut uniquement rechercher les bonnes valeurs à donner aux facteurs contrôlés.

Elle s’effectue de façon expérimentale, afin que le produit ou le processus à optimiser :

respecte les performances fonctionnelles ou dimensionnelles désirées,

– soit robuste, c’est-à-dire insensible aux facteurs bruits,

et ce, au coût le plus faible.

Pour y aboutir le plus efficacement possible, on utilise une matrice d’expériences(appelé parfois plan) orthogonale factorielle fractionnaire, explicitée au chapitre suivant.

(Vous pouvez consulter nos prestations de service)

(Ce chapitre est un extrait de celui figurant dans le livre « Pratique industrielle des plans d’expériences » édité par AFNOR)

plan d expérience taguchi